Méridien Numérique décrypte la souveraineté numérique européenne : infrastructures cloud, intelligence artificielle, cybersécurité, réglementation, semi-conducteurs et stratégies nationales.Explorer nos dossiers
Intelligence artificielle européenne

IA et souveraineté : pourquoi l’Europe dépend encore des puces et clouds américains

L'Europe a beau disposer d'un cadre réglementaire pionnier avec l'AI Act et de start-up prometteuses comme Mistral AI, la réalité matérielle de l'intelligence artificielle reste largement extra-européenne. Entraîner un grand modèle de langage nécessite des dizaines de milliers…

IA et souveraineté : pourquoi l’Europe dépend encore des puces et clouds américains

L’Europe a beau disposer d’un cadre réglementaire pionnier avec l’AI Act et de start-up prometteuses comme Mistral AI, la réalité matérielle de l’intelligence artificielle reste largement extra-européenne. Entraîner un grand modèle de langage nécessite des dizaines de milliers de processeurs graphiques spécialisés — un marché où l’américain Nvidia détient une position quasi monopolistique, et où la production physique des puces les plus avancées se concentre à plus de 90 % à Taïwan.

À cette dépendance matérielle s’ajoute une dépendance en infrastructure de calcul : la majorité des entreprises européennes d’IA, y compris les plus souverainistes dans leur discours, louent leur puissance de calcul auprès des trois grands fournisseurs de cloud américains, faute d’alternative européenne disposant d’une capacité comparable.

Des réponses encore partielles

Plusieurs initiatives tentent de combler ce retard : le supercalculateur européen Jupiter, mis en service en Allemagne, doit offrir une capacité de calcul exascale accessible aux chercheurs et entreprises du continent. Le programme EuroHPC finance par ailleurs un réseau de centres de calcul haute performance répartis dans plusieurs États membres, avec l’objectif explicite de réduire la dépendance aux infrastructures américaines pour l’entraînement des modèles les plus stratégiques.

Mais ces efforts restent, pour l’instant, d’une échelle inférieure aux investissements privés consentis aux États-Unis. La question posée par plusieurs experts du secteur n’est donc plus seulement « qui régule le mieux l’IA », mais « qui dispose, physiquement, de la capacité de calcul pour la faire tourner » — un terrain sur lequel l’avance américaine et asiatique reste, à ce jour, considérable.

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À retenir

Une souveraineté numérique qui se construit dossier après dossier

Qu'il s'agisse de cloud souverain, d'intelligence artificielle, de cybersécurité, de réglementation ou de semi-conducteurs, chaque rubrique raconte une facette différente de la même question : qui contrôle les infrastructures numériques dont dépend l'Europe. Rien n'est figé : chaque texte adopté et chaque investissement engagé peut encore faire évoluer cet équilibre.

Pour aller plus loin

  • Comparer plusieurs sources avant de juger la fiabilité d'un chiffre ou d'une échéance réglementaire
  • Replacer chaque texte européen dans son calendrier d'application réel, pas seulement sa date d'adoption
  • S'intéresser aux dépendances industrielles autant qu'aux textes de loi
  • Suivre l'actualité européenne pour voir ces équilibres évoluer d'une année à l'autre